Le blastocyste

Plusieurs mois se sont écoulés et vous êtes déjà passée par les différentes étapes préalables à une PMA ou procréation médicalement assistée ? Lorsque le traitement sera entamé et que les ovules seront prélevés, votre médecin vous informera sur le transfert de blastocyste. En quoi consiste cette opération et quels sont ses avantages ?

Sommaire :

Définition
Différence entre implantation blastocyste et classique
Avantages
Bon à savoir

 


 
schema blastocyste

Schéma des éléments composant le blactocyste. Crédits Invitra – licence CC BY 4.0.


 

Le stade blastocyste

Dans le cadre de la fécondation, tout commence par l’extraction des gamètes qui seront ensuite fécondés. L’œuf issu de cette conception donnera naissance à plusieurs cellules qui, après différenciation, permettront la formation du placenta et de l’embryon. 5 à 6 jours après la fécondation débutera le stade blastocyste, prouvant d’ailleurs que les étapes précédentes ont réussi. Les cellules sont alors plus nombreuses, l’embryon commencera à grossir et une cavité se formera.

Les embryons sont ensuite implantés dans l’utérus et la grossesse commence. Notons que ce qui différencie les deux procédés (le transfert de blastocyste et la FIV) est le jour de l’implantation. Aussi, la culture de l’embryon se fait dans un laboratoire avant le transfert.

 

Différence entre implantation à un stade de blastocyste et implantation classique

La fécondation in vitro ou FIV consiste à implanter l’œuf dans l’utérus dans les 2 ou 3 jours qui suivent la fécondation : la division cellulaire est entamée, mais pas la différenciation. Dans le cas d’une grossesse normale, l’œuf se trouverait encore dans les trompes de Fallope à ce stade et ne serait pas encore implanté. 6 jours sont nécessaires pour qu’il descende dans l’utérus grâce aux cellules ciliées en mouvement dans les trompes.

Lors d’une implantation classique, l’œuf se développe dans l’utérus jusqu’à son implantation définitive alors qu’il est déjà plus développé lors du transfert de blastocyste. Pour cette seconde méthode, les cellules qui vont former le placenta forment déjà une enveloppe capable de s’introduire dans la muqueuse de l’utérus. Le taux de réussite est alors plus élevé comparé à celui de la FIV.

 

Les avantages de cette technique

Le transfert de blastocyste a 3 principaux avantages grâce à la culture surveillée dans un laboratoire. Cette technique permet avant tout d’obtenir des embryons en bonne santé et assez développés pour une implantation. Autrement dit, les embryons qui atteignent ce stade sont meilleurs puisqu’ils sont déjà plus développés.

Ensuite, les embryons sont mieux surveillés dans un laboratoire, ce qui augmente leur chance d’atteindre le stade de blastocyste. Et grâce à l’implantation de l’embryon au cinquième jour, il synchronise également mieux avec l’endomètre (muqueuse interne de l’utérus). Puisque ce transfert correspond aux 6ème et 7ème jours de la menstruation, il peut être assimilé à la reproduction naturelle.

Le transfert embryonnaire a encore deux autres avantages non négligeables. Le premier : l’embryon implanté à partir de ce stade évolue mieux que celui qui est transféré plus tôt. En effet, le taux de réussite de l’intervention est plus élevé. En attendant 5 jours pour le transfert (J5), on peut démontrer une meilleure résistance de l’embryon ce qui n’est pas le cas si celui-ci se fait en 3 jours.

Le deuxième avantage concerne les grossesses multiples. Grâce à cette technique, il est plus facile de gérer les risques qui y sont liés. Il est évident que si une mère a recours à la fécondation in vitro, c’est en raison des difficultés qu’elle a à procréer naturellement d’où la nécessité de s’assurer que la grossesse se déroule dans des conditions favorables. Un embryon transféré en 3 jours a encore des chances de se diviser d’où la possibilité d’une grossesse gémellaire. Cela peut être évité au stade de blastocyste puisqu’il sera assez développé. Il sera ainsi faisable de prouver la possibilité ou non d’une grossesse multiple et ainsi d’augmenter les chances de réussite de la méthode.

 

Bon à savoir

Si le transfert de blastocyste en 5 jours semble être plus avantageux que la fécondation in vitro, il ne faudra pas oublier des critères de base. Pour pouvoir mettre cette méthode en pratique, la future maman devra être âgée de moins de 38 ans. De plus, l’intervention ne peut se faire s’il y a moins de 10 follicules développés pendant la stimulation, des cellules présentes dans l’ovaire et impliquées dans l’ovulation. Il est également nécessaire qu’il y ait au moins 3 embryons de bonne qualité au 3e jour (stade de 8 cellules) de la culture.

Aussi, 30% à 40% des embryons seulement arrivent au stade de blastocyste. Les autres ne peuvent pas survivre pendant 5 jours et meurent progressivement. En effet, 20% à 30% des embryons n’arrivent pas à survivre jusqu’au jour prévu du transfert. Le taux d’échec est d’autant plus élevé si les conditions requises ne sont pas respectées telles que l’âge de la mère, le nombre de follicules ainsi que la qualité des embryons de 3 jours. Toutefois, il est possible de le diminuer de 7% si les cas sont sélectionnés scrupuleusement.

Dans le cas où deux blastocystes sains se développent jusqu’au 5e jour, l’intervention peut avoir un taux de réussite de 60, voire 70% (chiffre du centre de procréation médicalement assistée). Le taux d’implantation augmente également légèrement, de 40% à 50,5%. Quant à la gestion des grossesses multiples, elle devient plus facile puisqu’on ne sélectionne que deux blastocystes sains pour le transfert. Enfin, le taux de grossesses non évolutives ou œuf clair est réduit et un diagnostic préimplantatoire peut être réalisé en cas de besoin.