Endomètre

Au cours de la grossesse, l’embryon évolue et se développe dans l’utérus, puis se transforme peu à peu en fœtus. L’utérus, cet organe concave et en forme de poire, a une paroi à trois couches avec un périmètre constitué de muscles épais. Il est également formé par le myomètre (la couche musculeuse interne de la paroi utérine) ainsi que l’endomètre, la dernière couche, formée de muqueuse.

Sommaire :

Définition
Utilité
Développement
Anatomie
Maladies potentielles
Cancer de l’endomètre

 


 

Définition

La couche interne de l’utérus est constituée d’un revêtement muqueux, appelé endomètre. C’est là que le fœtus va s’implanter et se développer pendant la grossesse. Son fonctionnement et ses différents changements morphologiques ont un lien étroit avec les hormones sexuelles. Par conséquent, ce tissu ne fonctionne que pendant la période de procréation, c’est-à-dire avant la puberté et à la ménopause. Lorsque l’utérus est actif, la muqueuse prolifère et se différencie pour le préparer à la fécondation, un phénomène qui se produit régulièrement à chaque cycle. Par la suite, si aucune implantation ne se fait, la partie superficielle de l’endomètre est éliminée.

 

schéma de l'utérus

L’endomètre forme une couche à couche à l’intérieur de l’utérus – Crédits image BruceBlaus (CC BY 3.0)

 

À quoi sert-il ?

C’est dans l’endomètre que va s’implanter l’œuf fécondé lorsqu’il arrive au stade de blastocyste, c’est-à-dire 7 jours après la fécondation. C’est ce que l’on appelle l’implantation de la grossesse ou la nidation, qui va permettre à la grossesse d’évoluer correctement.

Lorsque le cycle menstruel s’achève et que ni fécondation ni implantation de l’œuf n’ont lieu, l’endomètre dégénère et s’élimine. Cette étape s’accompagne de saignements qui vont être évacués par voie génitale  :d’où les règles (également connues sous le nom de menstrues ou menstruation).

Lorsqu’un reflux utéro-tubo-abdominal amène le sang vers l’intérieur de l’abdomen, on dit que les menstrues rétrogradent partiellement. Toutefois, il s’agit là d’un cas peu fréquent.

 

Le développement de l’endomètre

Les hormones produites par les ovaires influent sur le développement de l’endomètre afin de lui permettre de contribuer à la nidation. Jusqu’à maturité et avant la période d’ovulation, les œstrogènes (des hormones sexuelles femelles primaires) se trouvent dans le follicule de De Graaf (un follicule ovarien tertiaire juste avant l’ovulation). Ensuite, les œstrogènes et les progestérones produites par ce follicule donnent naissance à un corps jaune après l’ovulation.

Au terme du cycle, l’inexistence de grossesse et de nidation entraîne la dégénérescence du corps jaune produit par l’ovaire ainsi que la chute brutale de la sécrétion hormonale ovarienne. C’est de cette manière que l’endomètre se nécrose et que les règles apparaissent.

 

Anatomie

C’est un épithélium (un revêtement ou tissu organique) en forme de prisme unistratifié qui constitue l’endomètre (voir le schéma ci-dessus). Selon le stade fonctionnel, il peut être cilié ou pas. Il est également formé de lame basale, d’un système de drainage veineux et de stroma ou tissu conjonctif. Ce dernier composant contient une quantité importante de cellules avec des vaisseaux sanguins comme les artères en forme de spirale qui sont des branches des artères utérines.

On pourra notamment distinguer deux couches en fonction de la période du cycle :

  • La couche interne, profonde est fine et basale. Sa modification est négligeable pendant le cycle menstruel ;
  • La couche fonctionnelle ou superficielle dite déciduale : c’est la zone où ont lieu les transformations cycliques. Elle est évacuée pendant les règles.

 

Affections potentielles

Il existe plusieurs anomalies ou maladies qui peuvent toucher l’endomètre :

  • L’hyperplasie et l’hyperplasie de l’endomètre ou encore les polypes endomètriaux qui sont dus à l’épaississement inhabituel de l’endomètre ;
  • L’endométrite, une inflammation ;
  • Le cancer de l’endomètre ;
  • L’hypertrophie de l’endomètre lorsqu’il s’amincit.

La métrorragie (le saignement de l’utérus en dehors des menstruations) et les spotting (de légers saignements pendant le cycle menstruel) sont des saignements inhabituels entrainés par ces anomalies. Il y a également l’hyperménorrhée, l’aménorrhée, la spanioménorrhée, et la ménorragie qui sont des troubles des règles.

 

2ème cancer gynécologique le plus fréquent en France

Après le cancer du sein, le cancer de l’endomètre est le plus fréquent chez les femmes françaises. Même si 2 à 5% des femmes concernées sont âgées de moins de 40 ans, ce cancer apparaît le plus souvent à la ménopause. Le taux de guérison pour toute personne ayant suivi un traitement au stade 1 du cancer de l’endomètre est de 95%. À cette étape, la multiplication des cellules qui constituent l’endomètre est anormale.

Dans la majorité des cas, c’est la production excessive d’œstrogènes qui en est la cause. Elle peut venir des ovaires ou de l’extérieur, mais peut aussi être causée par d’autres facteurs comme l’obésité ou le surpoids, l’âge, l’hypertension ou encore la génétique. Dans certains cas cependant, il arrive qu’aucun facteur de risque ne soit détecté chez une personne atteinte de ce cancer.

Il existe plusieurs types de traitement suivant le stade d’évolution de la maladie, des éventuelles récidives ou du type (pouvant être hormonodépendant ou non) notamment :

  • La chirurgie ;
  • La radiothérapie ;
  • La chimiothérapie ;
  • Le traitement hormonal.

Les objectifs étant d’assurer la réussite du traitement, c’est la concertation entre plusieurs spécialistes qui permet de décider du traitement à suivre. Ce comité est formé de chirurgiens, de chimiothérapeutes, de gynécologues, de radiothérapeutes… Leur choix se base sur les protocoles et le type du cancer concerné.