Bébé a mal au ventre

Coliques du nourrisson, gastro-entérite, constipation, allergie, appendicite… Le mal de ventre chez bébé est très fréquent et se manifeste de différentes manières, et ce dès ses premiers jours de vie. Découvrez comment bien vous y prendre et ne pas paniquer avant la consultation chez le docteur.

 

Comment savoir si bébé souffre d’un mal de ventre ?

Comme vous le savez, un bébé s’exprime avec les pleurs, notamment lorsqu’il a faim, soif, mal ou tout simplement lorsqu’il veut dormir. Avec l’habitude, vous saurez pourquoi il vous réclame en faisant surtout la différence entre l’intensité et les types de pleurs, les autres sons émis et bien évidemment les autres signes en parallèle. C’est également avec l’habitude que vous reconnaitrez facilement qu’il a mal au ventre. Rassurez-vous donc, être parent n’est pas inné, tout s’apprend avec le temps. Mais il existe d’autres symptômes physiques, qui dépendent de la cause du mal de ventre, et que vous pourrez identifier suite à la lecture de cet article.

Comme pour les pleurs, il existe également plusieurs causes au mal de ventre, et les principales sont les suivantes :

 

Pourquoi bébé a-t-il mal au ventre ?

Avant tout, bébé pleure et agit différemment en fonction de ce qu’il ressent. En l’observant bien, vous saurez pourquoi il a mal et saurez agir en conséquence pour le soulager.

 

Bébé souffre des coliques du nourrisson

Les coliques du nourrisson touchent 20% des nouveau-nés entre 0 et 3 mois. Ils correspondent à des spasmes produits par la contraction du colon, preuve de l’immaturité du tube digestif du bébé. Elles sont presque inévitables dès son quinzième jour après la naissance ou même bien avant, mais disparaissent généralement et sans raison apparente après ses 3 mois de vie.

Vous les reconnaitrez facilement lorsque votre bout de chou pleure intensément entre les tétées, souvent le soir vers 17-18 heures. Il est inconsolable malgré tous vos efforts, devient rouge et replie ses jambes jusqu’à sa poitrine. Son ventre est également ballonné et dur. Et lorsqu’il émet souvent du gaz, il se calme tout seul. Cela peut être une vraie épreuve angoissante pour les parents, et pourtant, ce mal de ventre est le moins grave de tous et n’aura aucune incidence sur la santé de votre petit.

Comment le soulager ? Câlinez-le, bercez-le, trouvez une position confortable pour lui et surtout armez-vous de patience et restez calme même s’il devient inconsolable. Il n’y a rien de meilleur que de la tendresse et de l’affection pour le réconforter. Massez également délicatement son ventre dans le sens des aiguilles d’une montre ou allongez-le sur votre avant-bras tout en maintenant une certaine pression sur son abdomen.

Pour éviter les coliques, pensez aux biberons ou tétines anti-coliques. De votre côté, allez-y doucement sur tous les aliments difficiles à digérer comme les choux ou les crudités.

 

Bébé est constipé

Lorsqu’un nourrisson n’a pas fait la grosse commission depuis plus de trois jours, il peut souffrir de spasmes persistants provoqués par la contraction des intestins. Déféquer devient pour lui douloureux et difficile alors que les selles évacuées ressemblent à de grosses billes dures. C’est la constipation. À partir de 2 ans, il peut être considéré comme étant constipé lorsqu’il n’évacue pas de selles au moins 2 ou 3 fois par semaine.

Tout comme les coliques du nourrisson, la constipation est bénigne. Elle est due au ralentissement du transit intestinal, qui lui est provoqué par plusieurs facteurs. Bébé ne boit pas suffisamment d’eau ou de jus de fruits par exemple ou ne mange pas assez de fruits et légumes ou d’aliments riches en fibres. Il se peut également qu’il mange trop de produits à base de blé, de produits laitiers et autres aliments constipants. Chez les plus grands, elle peut être d’ordre psychologique, liée à l’apprentissage de la propreté, la peur d’avoir mal au moment de la défécation, un changement, ou un stress notamment.

Certains nourrissons peuvent présenter que l’on appelle la constipation au lait de mère. Dans ce cas, ils n’évacuent leurs selles que très rarement, jusqu’à une fois par semaine uniquement. Cela est toutefois normal puisque leur organisme absorbe complètement le lait maternel. Le transit intestinal reviendra à la normale de manière naturelle, sans traitement.

Dans les autres cas, faites-lui boire beaucoup de liquides, de l’eau par petites quantités tout au long de la journée et du jus de fruits à 10h, de préférence du jus d’orange ou du jus de pomme. Les pruneaux en compote font également des miracles, tout comme les aliments riches en fibres (céréales complètes par exemple). Pour les plus grands, habituez-le à une activité physique pour favoriser le transit intestinal. Et si la constipation persiste, vous pouvez utiliser un laxatif osmotique, de l’huile de paraffine ou des suppositoires à la glycérine pour l’aider à le soulager, bien évidemment après avoir consulté votre médecin. Attention, les laxatifs sont déconseillés chez le nourrisson.

Dans la majorité des cas, ces petites astuces suffiront à faire passer la constipation. Le recours médical ne sera donc pas obligatoire sauf en cas de complication : vomissement, fièvre, ventre gonflé et/ou ballonné, sang dans les selles, perte de poids…

 

Bébé souffre d’une gastro-entérite

La gastro-entérite ou gastro correspond à une inflammation du système digestif (intestin et estomac) provoquée dans plus de 2/3 des cas par un virus du type Rotavirus. Pour le reste, elle est provoquée par des bactéries, comme l’Escherichia coli ou la Salmonelle à l’origine d’une intoxication alimentaire, ou par des parasitaires à l’origine d’une infection parasitaire.

Votre enfant peut être sous le coup d’une gastro-entérite lorsqu’il a la diarrhée, vomit, est fiévreux et souffre de crampes douloureuses dans son petit ventre. Parallèlement, il est fatigué, facilement irritable et perd l’appétit. Généralement bénigne et passagère lorsqu’il est d’origine virale (elle disparait au bout de 2-3 jours), elle peut toutefois entrainer des complications, principalement la déshydratation. Celle-ci est due aux vomissements et à la diarrhée qui font perdre une quantité importante d’eau et de sel à votre bébé.

Dans ce cas, votre premier réflexe doit être de le réhydrater rapidement. Restaurez le niveau des minéraux dans son organisme en administrant des Solutés de réhydratation orale (SRO) en complément de l’eau que vous lui donnerez abondamment. Sachez qu’une bonne hydratation se fait petit à petit, fréquemment et régulièrement et non en grande quantité et en une seule fois. Pour traiter la diarrhée, bébé devra suivre un régime particulier sans fruits, produits laitiers et légumes verts. Lorsque la gastro est provoquée par une bactérie, le médecin prescrira en même temps un traitement antibiotique adapté.

Enfin, pour éviter la gastro-entérite, il est indispensable de se laver soigneusement et régulièrement les mains avant de s’occuper de bébé. Il est également possible de le protéger du virus de type Rotavirus grâce à des vaccins.

 

Bébé est allergique à un aliment

Lorsqu’un bébé est allergique ou intolérant à un aliment liquide ou solide, il peut avoir mal au ventre et avoir la diarrhée. Le principal problème avec ce type d’affection est que les symptômes peuvent ne se manifester seulement plusieurs jours après avoir consommé l’aliment en question. Dans ce cas, bébé s’affaiblira et perdra progressivement du poids.

Parmi les aliments les plus connus, on citera le lait de vache. Les protéines qu’il contient provoquent chez 2 à 3% des nourrissons des réactions allergiques, dont le mal de ventre. Ils représentent également la source de 13% des allergies alimentaires de l’enfant. Pour y remédier, évitez tout simplement de lui en donner et optez plutôt pour du lait infantile adapté à son âge pour sa bonne croissance.

 

Bébé a une hernie

Une hernie peut également être douloureuse. Cette petite bosse au niveau du nombril (hernie ombilicale) ou de l’aine (hernie inguinale) n’est autre qu’une partie de l’intestin qui sort de la cavité abdominale où elle doit normalement se loger. Sans gravité, cette malformation est due à l’immaturité des muscles de l’abdomen qui n’arrivent pas encore à maintenir les organes à leur place normale.

Notez qu’une hernie ombilicale fait rarement mal et disparait d’ailleurs avec le temps et sans traitement. En revanche, si bébé a une hernie inguinale, il devra être opéré pour remettre l’intestin à sa place.

 

Bébé a une crise d’appendicite

L’appendicite peut toucher tout le monde, aussi bien les adultes que les enfants et même les nourrissons. Cela reste rare chez les touts petits, mais elle existe bel et bien. Tout commence par de la fièvre et un changement de comportement. Il devient irritable, ne mange plus, ne boit plus son lait alors qu’il présente en même temps des troubles du transit intestinal notamment la diarrhée ou la constipation. Lorsque ces symptômes se présentent, consultez immédiatement un médecin. Il effectuera un toucher sur le ventre de bébé, sur le côté droit juste en dessous du nombril. Dans le cas d’une appendicite, le ventre restera dur. Pour confirmer le diagnostic et le différencier d’une infection urinaire ou d’une gastro-entérite, il demandera de réaliser des analyses sanguines et une échographie.

Si bébé a une appendicite, il n’y a qu’un seul moyen pour le traiter : l’appendicectomie. Cette intervention chirurgicale sous cœlioscopie consiste à retirer l’appendice. Elle est réalisée sous anesthésie générale.

 

Bébé a une infection urinaire

Votre enfant a mal dans son bas ventre et a la fièvre ? Il a en plus fréquemment envie d’uriner alors que rien ne sort, souffre quand il fait pipi (que « ça pique » ou « ça brûle ») alors que son urine est très odorante ? Il pourrait s’agir des premiers symptômes d’une infection urinaire – pyélonéphrite (PNA) ou cystite dans le jargon médical. Chez les tous petits, tout commence également par une fièvre isolée (de la fièvre uniquement sans aucun autre symptôme), des pleurs inhabituels et fréquents ainsi qu’une urine à l’odeur nauséabonde. En parallèle, il perdra progressivement l’appétit, entrainant ainsi une perte rapide de poids. Dans les cas les plus graves, la fièvre s’accompagne de frissons.

Dans ce cas, consultez bien évidemment un médecin. Il réalisera un premier prélèvement à l’aide d’une bandelette urinaire (BU) pour confirmer la maladie. S’il s’agit bien d’une infection urinaire, il prescrira ensuite un ECBU (Examen Cyto Bactériologique des Urines) pour rechercher les bactéries et cellules à l’origine de la maladie. Pour ce qui est du traitement, il n’y a qu’une solution : l’hospitalisation pour recevoir un traitement antibiotique approprié.

Cette maladie est assez courante chez les bébés, surtout chez les filles, car les matières fécales entrent facilement en contact avec le méat urétral (dans 9 cas sur 10) si l’hygiène locale ne se fait pas convenablement. La constipation et le fait de retenir volontairement ses urines peuvent également provoquer une infection urinaire.

 
 
Si cet article donne des pistes pour comprendre les problèmes de votre petit bout, il ne se substitue en aucun cas à une consultation médicale. Dès les premiers symptômes, n’hésitez pas à consulter votre médecin de famille ou pédiatre.


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