Le sevrage de l’allaitement maternel

Comme nous l’avions vu dans l’article sur les étapes pour stopper l’allaitement maternel, l’arrêt de l’allaitement au sein est une étape importante qui se planifie sur plusieurs semaines voire plusieurs mois. Nous reviendrons ici sur les techniques elles-mêmes pour la mise en place progressive du sevrage, ainsi que sur les conséquences potentielles pour le bébé et la maman.

 

Démarrer le sevrage

Le biberon

Le biberon est bien sûr au centre du sevrage puisqu’il va remplacer vos seins. Pour que cette étape se passe dans de bonnes conditions et de la manière la plus naturelle possible :

  • Utilisez d’abord votre lait maternel. Utilisez un tire-lait, puis donnez-lui-en au biberon. Cela permettra à votre bébé d’être rassuré et de ne pas être brusqué quant au goût du lait. Même si vous travaillez, le lait maternel peut très bien se conserver : pendant 4 à 6 heures à température ambiante (19 à 22°), jusqu’à 8 jours au réfrigérateur (0 à 4°), pendant deux semaines dans le compartiment pour surgelés d’un réfrigérateur ;
  • Pour la tétine du biberon, essayez de trouver la même texture en caoutchouc ou en silicone de sa tétine ou de sa sucette s’il en a ;
  • Veillez à ce que le biberon soit aussi tiède qu’un lait maternel et réchauffez légèrement la tétine pour qu’elle se rapproche de la chaleur de vos tétons ;
  • Privilégiez la position « petite vitesse » de la tétine pour que votre bébé digère mieux le lait qui arrive trop vite, d’autant plus que ce débit correspond à celui de vos tétons ;
  • Soyez naturelle et réalisez les mêmes tendresses que lorsque vous l’aviez allaité : petits baisers sur le front, regards, mots doux…
  • Lorsqu’il accepte enfin le biberon, vous pouvez lui donner du lait industriel adapté à son âge. Ne baissez pas les bras s’il refuse au début, essayez plusieurs marques avant de trouver ce qui lui plaît. Changez de lait après deux semaines d’essai s’il n’aime pas ;
  • S’il a plus de 6 mois, le sevrage sera normalement plus facile puisque vous passez en même temps à la diversification alimentaire, l’étape qui vous permet de remplacer le lait maternel par d’autres aliments (liquides et solides) à part le lait industriel.

biberon pour le sevrage

Avant 9 mois

On ne le dira jamais assez, il vous faut du temps pour sevrer votre bébé s’il a moins de 9 mois et surtout s’il a encore moins de 6 mois où il ne pourra pas encore absorber d’autres aliments que le lait. La plupart des médecins vous recommanderont un minimum de 15 jours à 3 semaines, mais vous l’aurez compris, chaque cas est unique puisque cela peut même durer des mois. Lorsqu’il a moins de 9 mois, un sevrage complet peut généralement durer 4 semaines si vous y procédez en douceur.

Voici comment faire :

  • Commencez par remplacer une tétée par jour par un biberon contenant votre lait maternel. Choisissez le moment où votre bout de chou tète le moins dans la journée, notamment à l’heure où vos seins produisent le moins de lait (en fin d’après-midi) ;
  • Vous sentirez ensuite un engorgement de vos seins pendant environ 3 jours. Lorsque ces perturbations s’arrêtent, vous pourrez remplacer une deuxième tétée par le biberon ;
  • Procédez ainsi de suite de manière progressive, mais évitez de supprimer deux tétées successives ;
  • Essayez aussi de garder le plus longtemps possible les tétées au sein du matin et du soir puisque ce sont souvent les plus appréciés par votre bébé. Vous pouvez les éliminer en dernier lors du sevrage ou les garder comme beaucoup de mères le font même si elles ont repris leur travail (c’est que l’on appelle le sevrage partiel) ;
  • En cas de sevrage complet et quel que soit l’âge de votre enfant, la première tétée du matin doit toujours être la dernière à éliminer ;
  • Si votre petit a déjà plus de 6 mois, profitez bien des étapes de la diversification alimentaire (introduction d’aliments solides) pour varier ses plaisirs gustatifs. Cela lui permettra également d’être plus enclin à expérimenter de nouvelles façons de manger, notamment le biberon ;
  • N’oubliez pas de bien serrer votre bébé contre vous lorsque vous lui donnez le biberon pour qu’il se sente toujours rassuré et aimé, surtout avant ses 9 mois.

Après 9 mois

À cet âge, votre enfant a déjà expérimenté plusieurs goûts d’aliments, solides et liquides. Vous n’aurez souvent pas du mal à arrêter de l’allaiter aux seins, mais chaque cas étant unique, ces quelques conseils vous seront d’une grande utilité :

  • Essayez de refuser gentiment et progressivement sa demande de tétée aux seins, en évitant bien évidemment d’être trop brusque ;
  • À part le biberon, une collation nutritive ou d’autres activités ludiques peuvent remplacer l’allaitement maternel. S’il a déjà accepté le biberon, la tétée au sein ne représente plus qu’un signe d’affection plutôt qu’un repas important. Ce sera alors le moment de trouver de petites astuces sur les différentes manières d’offrir de la tendresse à votre enfant : par le biais du langage par exemple, des caresses, de petits cadeaux ou encore d’activités pour le distraire ;
  • Pour les dernières tétées, changez toutes vos anciennes habitudes (fauteuil, positions, horaires, etc.). L’astuce est de retarder et d’espacer les tétées au maximum pour qu’elles soient moins nombreuses.

Les conséquences potentielles pour la maman

Comme évoqué plus haut, le sevrage de l’allaitement peut également induire des conséquences physiques et parfois psychologiques pour la maman. En effet, lorsque vous allaitez de moins en moins votre enfant, le lait contenu dans vos seins peut devenir inconfortable puisque la réduction de votre production lactose sera progressive. L’engorgement de vos seins aux heures des tétées sautées peut devenir insupportable pour vous : vos seins deviennent durs, tendus et douloureux. Que faire ?

Pas de panique, vous pourrez généralement y remédier en faisant sortir un peu de lait de vos seins à l’heure d’une tétée éliminée. N’hésitez pas non plus à vous faire aider par d’autres mamans ou des professionnels de santé pour mieux vivre cette période de transition. Côté psychologique, la mélancolie et le vide peuvent vite vous gagner pendant et/ou après le sevrage… mais il n’y a rien de plus normal. Vous allez laisser derrière vous une période de votre vie où vous profitiez d’un sentiment de plénitude. Les câlins, les murmures et les petits bisous pour rassurer votre bébé lors du sevrage servent également à la maman, donc ne vous en privez pas !

 

Comment gérer les premiers refus du biberon ?

Il arrive souvent qu’un bébé refuse de boire au biberon malgré toutes les petites astuces employées pour y arriver. Soyons franches, un biberon ne pourra jamais remplacer tout ce qu’un allaitement aux seins apporte. Si vous rencontrez cette situation, évitez à tout prix de le forcer, car cela ne va pas vous aider… au contraire. Mieux vaut attendre quelques minutes avant chacune de vos prochaines tentatives. Évitez également de donner immédiatement une tétée au sein après chaque refus de biberon. Il faut attendre plusieurs minutes.

Sinon, essayez de proposer le lait dans un verre ou un gobelet et si son refus persiste toute une journée ou plus, voyez si vous pouvez ajourner le sevrage. En attendant le prochain rendez-vous, pensez à retarder les heures et à réduire les durées des tétées.

Si vous ne pouvez pas reporter l’arrêt de l’allaitement maternel, essayez ces quelques conseils :

  • Ne soyez pas tentée d’attendre qu’il soit affamé pour espérer gain de cause. Au contraire, sa frustration n’en sera que plus accentuée et vous essuierez un refus brutal. Mieux vaut vous lancer quand il est en pleine forme ;
  • Demandez à votre conjoint d’introduire le premier biberon à votre place puisque l’odeur de vos seins ne joue pas en votre faveur ;
  • Nourrissez votre bébé dans des positions différentes de celles de vos allaitements.

Enfin, la plus grande astuce pour réussir un sevrage de l’allaitement est d’avoir confiance en vous-même tout simplement. En vous préparant psychologiquement et matériellement, tôt ou tard, vous finirez toujours par arrêter d’allaiter votre bébé au sein.

 

Pour aller plus loin : > COMPRENDRE ET APPLIQUER LA DIVERSIFICATION ALIMENTAIRE