Les méthodes d’accouchement Lamaze, Bonapace, Leboyer et Gesquet

L’accouchement est le moment que la majorité des femmes enceintes redoutent le plus, l’ultime accomplissement pour donner la vie à l’enfant. Toutefois, au fil des décennies, plusieurs méthodes d’accouchement ont vues le jour, pour toujours alléger la souffrance de la maman et les conditions de naissance de l’enfant. Nous avons sélectionné pour vous quatre méthodes d’accouchement pour vous aider à avoir confiance en vous le moment venu et surtout savourer le plaisir de donner la vie tout simplement.

La méthode Lamaze : l’accouchement sans douleur (ASD)

La méthode Lamaze, également appelée « Accouchement Sans Douleur » (ASD) ou « psychoprophylactique » a vu le jour en France vers le début des années 1950. Elle connaîtra au fil des années un énorme succès grâce aux premiers cours de préparation à la naissance. Cette technique vise effectivement à aider les futures mamans à faire face à la douleur du travail lors d’un accouchement naturel et à l’acte proprement dit.

le docteur Lamaze après une naissance

Le docteur Lamaze. Crédits : Hôpital Les Bluets.

Les éducateurs Lamaze proposent un apprentissage composé de diverses techniques pour soulager la douleur du travail, notamment la respiration. Le premier objectif de cette méthode est de mettre les futures mamans en confiance face à l’accouchement naturel, sans intervention médicale. Quoi qu’il en soit, elle prévoit également des séances sur les procédures médicales à réaliser au cas où cela deviendrait nécessaire lors de la mise au monde de l’enfant.

L’idéal est de commencer les cours vers le septième mois de grossesse et de s’inscrire à des cours hebdomadaires. Celles qui veulent planifier et tout organiser dès le premier trimestre de grossesse en tireront également de nombreux avantages.

En général, une séance peut durer jusqu’à 12 heures où douze couples apprennent ensemble à gérer la douleur provoquée par le travail et l’accouchement en soi. Concrètement, voici ce qui vous attend :

  • Apprentissage des techniques de relaxation comme les massages, la marche, le changement de position et l’hydrothérapie (un traitement basé sur l’utilisation externe de l’eau) qui sont susceptibles de réduire la douleur ;
  • Apprentissage d’une bonne respiration pour surmonter la douleur du travail ;
  • Projection de vidéos pour connaitre ce qu’est réellement l’accouchement naturel ;
  • Conférences pour rester actif et informé sur le processus de la naissance ;
  • Apprentissage d’une bonne technique de communication avec le personnel de santé afin d’être bien servi et ainsi être satisfait. Ne l’oublions pas, le soutien professionnel lors de l’accouchement est important ;
  • Conseils pour le partenaire afin qu’il soit un soutien psychologique et physique jusqu’à la fin de l’accouchement ;
  • Apprentissage de la façon d’interagir avec bébé et de l’allaiter.

C’est incontestable : donner la vie est douloureux, une douleur qui s’amplifie avec le stress et l’angoisse. Toutefois, connaître les différentes étapes de l’accouchement, être bien préparée, recevoir des conseils et être accompagnée ce jour-là permettent amplement de gérer angoisse, stress et douleur sans pour autant recourir à l’analgésie obstétricale. Trouvez donc votre rythme lors du processus de travail. Une fois que vous l’avez trouvé, il vous sera plus facile d’affronter les douleurs des contractions.

 

La méthode Bonapace : enfanter sans stress

Née au Québec, cette technique est basée sur la compréhension du rôle de la douleur et de son mécanisme de transmission dans le corps. Pour cela, elle associe essai de postures, pression digitale et massages. Au cours de leurs travaux de recherche, les précurseurs de cette méthode ont constaté que cette technique arrive à diminuer les douleurs jusqu’à 50 % comparée à d’autres procédés. Il s’agit notamment de réduire les interventions médicales en lien avec la mauvaise gestion de la douleur.

La méthode Bonapace requiert une forte participation des futurs parents notamment celle du futur papa, car c’est à lui que revient la tâche de soulager sa conjointe tout au long de la grossesse et durant le travail. Pour cela, il y a trois techniques à appliquer :

  • Les massages non douloureux : ils se feront sur le visage, dans le bas du dos et sur le tour des hanches pour soulager la région lombaire de la maman. Ils s’appliquent entre chaque contraction, mais également durant la grossesse de manière à détendre les muscles et aider la future mère à se relaxer ;
  • La digitopuncture : cette technique consiste à placer ses doigts sur les points d’acupuncture traditionnels par de petites pressions sur le fessier, les pieds, les mains et le sacrum (l’os situé dans le bassin) durant les contractions. L’objectif est de stimuler l’organisme à sécréter plus d’hormones antidouleur qu’est l’endorphine et ainsi soulager la future maman ;
  • L’attention : le futur papa doit détourner l’attention de sa conjointe pour qu’elle se concentre sur des images positives et surtout sur sa respiration. Elle maitrisera ainsi davantage la douleur.

Vous l’aurez compris, cette pratique met en valeur le rôle du père au sein de sa famille : il se sentira ainsi utile et compétent pour accompagner son épouse. Quant à la maman, elle sera beaucoup plus rassurée, confiante et détendue grâce à cette méthode et à la présence de son partenaire. Un climat de confiance et d’harmonie s’installera ainsi naturellement dans la petite famille tout au long de la grossesse jusqu’à la naissance du bébé. De plus, grâce au travail d’équipe, la relation du couple sera renforcée et par la même occasion le lien père-enfant.

Dès le sixième mois de grossesse, il faut au minimum 4 séances de préparation pour apprendre l’essentiel de la méthode Bonapace. Une séance dure 3/4 d’heure environ et sera dispensée par des formateurs accrédités.

 

La méthode Leboyer : sous l’angle du bien-être de bébé

Cette méthode développée par le gynécologue obstétricien Frédérick Leboyer vise à adoucir l’accouchement pour que bébé vienne au monde sans traumatisme. Au début, l’approche de Leboyer s’est focalisée sur le nouveau-né et son bien-être. Aussi, il a développé en détail les différents gestes que doit faire la sage-femme afin d’assurer une venue au monde sans tension. Selon lui, « déposer l’enfant sur le ventre de sa mère pour qu’il continue à en sentir la chaleur et le battement cardiaque » doit être le premier geste à faire.

Il considère que ce geste simple est très important, car il facilite le passage à la respiration pulmonaire. De ce fait, le nouveau-né sera moins traumatisé. Il affirme par ailleurs que les lumières trop intenses, les bruits excessifs et les gestes brusques sont à limiter lors de la naissance. Leboyer est également le précurseur du fameux massage néonatal qui stipule que le bébé se nourrit aussi de massages et de caresses en plus du lait maternel ou infantile.

Par la suite, il s’est tourné vers la femme enceinte dans le but de diminuer la douleur au moment du travail. Pour cela, elle devra être consciente de l’enfantement pour vivre pleinement et intensément la naissance. Concrètement, la technique d’accouchement est une préparation durant laquelle le corps de la femme devient souple et adopte des postures justes. Elle acquiert par la même occasion conscience et joie grâce à plusieurs procédés :

  • De la musique indienne avec de la Tempura ;
  • Des mouvements issus des arts martiaux chinois ;
  • Du raga indien composé de huit notes.

Pour résumer, Leboyer dit : « lorsque les contractions arrivent, asseyez-vous et chantez. Vous verrez que, spontanément, elles s’arrêtent ».

affiche du film "Naitre autrement" de Leboyer

Affiche du film « Naître Autrement » de Frédérick Leboyer.

 

La méthode Gasquet : la recherche de la meilleure position

La méthode d’accouchement que Bernadette de Gasquet essaie de mettre en accord la physiologie de la mère avec les positons d’accouchement. Elle propose ainsi deux façons de se positionner le jour J : accoucher sur le côté ou adopter une position gynécologique aménagée.

Ses 25 années de recherche ont montré qu’accoucher sur le côté apporte énormément de confort à la maman. Plus important encore, cette position simplifie la trajectoire du bébé et facilite la délivrance. Il est tout aussi important que la mère reste mobile pendant le processus de travail afin de permettre au bébé de mouvoir pour avoir le bon axe de sortie. Et parfois, un bon bain facilite également le travail, alors n’ayez pas peur d’en demander !

On peut également ajuster mécaniquement la position gynécologique classique au cas où la future mère est à l’aise sur le dos. D’ailleurs, voici les principes recommandés par Bernadette de Gasquet :

  • S’étirer le plus possible ;
  • Respecter un angle particulier entre les cuisses ;
  • Adopter la position « chasse-neige » au lieu de « grenouille » pour l’ouverture du bassin ;
  • Faire une poussée en expiration ;
  • Installer la table d’accouchement de façon à ce que le bassin soit plus en hauteur par rapport au thorax et ainsi éviter une forte pression sur le périnée. Il faut l’incliner avec le dossier pas trop relevé.

Aussi, elle propose les équipements suivants dans la salle d’accouchement :

  • Des galettes gonflées à positionner sous le bassin pour aider les femmes à trouver la position antalgique ;
  • Des ballons pour les aider à se déplacer facilement et à mieux se détendre ;
  • Des coussins micro billes pour s’installer plus facilement et optimiser la mobilité.

 

Un témoignage à apporter à propos de l’une de ces méthodes ? N’hésitez pas à nous en faire part via les commentaires.


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