La pré-éclampsie (ou toxémie gravidique) chez la femme enceinte

La pré-éclampsie est une complication, également connue sous le nom de toxémie gravidique, qui survient uniquement chez la femme enceinte. Elle nécessite d’être surveillée de très près en raison des nombreuses complications qu’elle peut causer. Néanmoins, si elle est détectée et prise en charge rapidement, elle ne sera un danger ni pour la mère ni pour le bébé.

 

Qu’est-ce que la pré-éclampsie ?

La pré-éclampsie est une maladie qui survient uniquement au cours de la grossesse, généralement vers le deuxième ou troisième trimestre (dans la plupart des cas à partir de la vingtième semaine d’aménorrhée). Au départ, elle a été diagnostiquée comme étant une maladie du placenta. Mais plusieurs experts en gynécologie-obstétrique s’accordent désormais à la définir sous la forme cumulée d’une protéinurie (des protéines présentes dans le sang), de l’hypertension (une tension artérielle de plus de 14/9 au repos), et des œdèmes (aux pieds, aux jambes, ou au visage).

 

Quelles en sont les causes ?

Les causes exactes de cette maladie sont encore très mal connues. On sait toutefois qu’elle apparait très tôt durant la grossesse, au moment où le placenta se forme. Ce dernier ne sera pas correctement irrigué à cause notamment de vaisseaux sanguins étroits. De ce fait, le sang aura du mal à circuler et l’organisme ne fonctionnera pas normalement d’où la tension artérielle élevée.

Certains facteurs peuvent également déclencher la toxémie gravidique notamment une hypertension préexistante, le diabète ou l’obésité. Les femmes enceintes avant 18 ans ou après 40 ans, ou encore celles qui attendent des jumeaux peuvent également être facilement victimes de cette maladie.

 

Comment se manifeste-t-elle ?

Cette maladie est présente bien avant que les symptômes n’apparaissent. Puis, elle est diagnostiquée par ses principaux symptômes : la tension élevée, les œdèmes et les albumines (des protéines) dans les urines de la mère qui apparaissent souvent de façon progressive.  Avec le temps, la femme enceinte ressent de fréquents maux de temps, des nausées et vomissements, ainsi que des bourdonnements d’oreilles. En parallèle, elle est alertée par une prise de poids trop rapide à cause des œdèmes, parfois à raison d’un kilo en une semaine.

Il arrive que certaines femmes enceintes ne manifestent pas ces signes, mais que le médecin détecte la maladie au cours de la visite mensuelle en constatant une tension artérielle supérieure à 14/9. Bien évidemment, ces patientes ne souffriront pas obligatoirement d’une pré-éclampsie durant leur grossesse.

C’est d’ailleurs la raisin pour laquelle il faudra faire vérifier sa tension à chaque visite et réaliser une analyse d’urine mensuelle par bandelette en parallèle. Si la bandelette affiche une ou deux croix, l’albumine est bien présente dans le sang. Ces différents examens permettent donc de détecter tôt la maladie et de prendre toutes les mesures nécessaires.

 

Présente-t-elle des risques pour la maman et son bébé ?

Présente chez moins d’une femme enceinte sur vingt, le plus souvent durant la première grossesse, la toxémie gravidique peut causer de graves maladies. La plus connue est syndrome de Hellp, une complication qui menace le pronostic vital de la mère et du fœtus. Elle peut également être à l’origine d’une crise convulsive généralisée appelée « éclampsie ». Plus rarement, cette maladie peut causer un hématome rétroplacentaire (HRP)  qui est un gros caillot de sang entre le placenta et l’utérus.

Il n’est pas non plus rare que des complications surviennent au niveau de différents organes de la mère. Pour cause, une mauvaise vascularisation du placenta sécrète des substances nocives pour les vaisseaux sanguins. Les poumons, le foie, les reins et même le système nerveux pourront ainsi être touchés.

Chez le bébé, les risques sont également importants. Il pourra être victime d’un retard de croissance in utéro (RCIU), d’une souffrance fœtale et dans des cas très rares d’une mort fœtale in utero. Il arrive même que le gynécologue obstétricien décide de procéder à un accouchement prématuré. Ils sont tous principalement dus à une baisse d’échanges entre le placenta et l’utérus.

 

Qui sont les femmes à risque ?

Les principales concernées sont celles qui ont le plus souvent les facteurs précédemment décrits : une hypertension préexistante, le diabète, l’obésité, une grossesse précoce, une grossesse tardive, une grossesse gémellaire.

 

Comment traiter la toxémie gravidique ?

La prise en charge dépend du terme de la grossesse et de la gravité de la maladie. Si la mère présente les premiers symptômes, c’est-à-dire l’hypertension artérielle et une prise de poids éventuellement, elle devra sérieusement se reposer. Sa tension, ses urines ainsi que ses bilans sanguins devront en même temps être surveillés de près. En parallèle, le bébé suivra régulièrement plusieurs examens à commencer par le monitoring afin de vérifier son rythme fœtal. Il sera également étroitement surveillé par le biais de doppler afin de vérifier sa bonne vascularisation et d’échographies pour suivre sa croissance.

Par ailleurs, les médecins peuvent prescrire des médicaments pour s’attaquer aux symptômes et éviter certaines complications. Ils recommanderont par exemple des anti-hypertenseurs si la date d’accouchement est encore loin. Pour celles qui souffrent de pré-éclampsie, un traitement par aspirine à faible dose (entre 75 et 160 mg par jour) peut aussi être prescrit pour leur prochaine grossesse. Sachez toutefois que ce médicament est contre-indiqué en automédication chez les femmes enceintes et que seul son médecin a le droit de l’administrer.

Enfin, si l’accouchement avant terme est la seule solution pour sauver bébé et maman, cette dernière devra potentiellement prendre des corticoïdes. Cela évitera ainsi tous risques de problèmes respiratoires graves de l’enfant.

En présence de symptômes potentiels ou de doutes, consultez rapidement votre médecin.

Pour en savoir plus

Dossier « Pré-éclampsie » réalisé en collaboration avec Daniel Vaiman, directeur de recherche à l’Inserm (UMR8104, Hôpital Cochin, Paris) – Janvier 2013.

Prise en charge multidisciplinairedes formes graves deprééclampsie (2009)


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